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Le Japon est connu pour extraordinaire discipline, et j’en avais déjà parlé dans un précédent article. Tout semble codifié, standardisé, chaque chose a ses règles (et parfois son contraire) qui parfois nous semblent difficile à comprendre.

C’est par exemple le cas des relations entre les personnes, et les subtilités du langage qui permettent de faire passer un message sans forcément le dire de façon explicite. Ce sont les concepts de HONNE (le sentiment que l’on a) et TATEMAE (la façon dont on l’expose en public). Il s’agit donc d’un savant mélange entre l’être et le paraître.

Pour en revenir au sujet de l’article, j’entend souvent que les français sont individualistes et que les japonais n’existent qu’à travers le collectif. C’est vrai dans une certaine mesure et la tentation serait grande de penser que les japonais n’existent pas en tant qu’individus mais uniquement par rapport au collectif auquel ils appartiennent. Même si j’ai à plusieurs reprises considéré que les japonais faisaient passer l’intérêt du groupe devant leur intérêt personnel, il ne faut pas non plus penser qu’au Japon l’individu est une entité négligeable et sans importance. Tout cela est bien plus complexe.

Salarymen partant au travail
Salarymen partant au travail

L’individualisme est une théorie qui privilégie les valeurs et les droits de l’individu par rapport à ceux de la société. Au Japon, on considère toutefois que l’objectif du système politique, économique ou social est d'être au service de l'épanouissement de l’individu. Mais que celui-ci ne peut y parvenir seul ; il ne peut l’atteindre qu’à travers un collectif dans lequel il s’inscrit.

Donc les japonais sont également individualistes, mais à travers un collectif, et avec un très fort respect pour celui-ci. C’est ce qui explique par exemple le très faible taux de criminalité, l’extrême propreté des rues, des transports (et des toilettes publiques!).

L’exemple le plus parlant de cette dualité est le monde de l’entreprise et des salarymen que l’on pense voués corps et âme à leur travail, au dépend de leur vie personnelle. Ce n’est pas entièrement faux mais il y a un point important que beaucoup oublient : les salariés sont le plus souvent rémunérés avec une part variable qui dépend des résultats de l’entreprise. Plus les bénéfices sont importants, plus ils gagnent. Si les japonais ne donnent à fond dans leur travail c’est par conviction mais aussi car ils ont un retour financier concret. L'intérêt d'un collectif n’est possible que si les individus qui le composent en récoltent les fruits.

Un autre exemple est celui de la carte de visite. Au Japon quasiment tout le monde en a une et il est impensable de s’y rendre dans un cadre professionnel sans en avoir. Regardez de plus près une carte de visite japonaise, la MEISHI. En France, nous mettons généralement en gros le nom de l’entreprise, et en dessous, en plus petit, le nom de la personne et sa fonction. Au Japon, c’est le nom de la personne qui est écrit en gros. C’est donc l’individu qui est mis en évidence. On retrouve ensuite les informations sur l’entreprise, le service, l'intitulé de sa fonction précise. C’est donc l’individu qui est mis en avant, mais dans le cadre d’un collectif. Les deux sont inséparables.

L’individualisme c’est également l’indépendance d’esprit, l’absence de conformisme. Clairement, quand je regardais le matin les japonais partir au travail tandis que je buvais mon café dans un bar de Tokyo, je ne pouvais que constater le conformisme de leur tenue. Tous les hommes sont habillés en costume sombre avec chemise blanche. Toutes les femmes sont habillées en tailleur. Mais il s’agit là d’une tenue dans un cadre professionnel. Passez quelques heures dans la rue Takeshita Dori et vous verrez des tenues extravagantes, créatives, parfois même complètement déjantées. Il en est de même le week-end dans les centres commerciaux. Le Japon n’est d’ailleurs-t-il pas le berceau de la culture geek, otaku et du cosplay ?

Jeunes japonais habillés en cosplay
Jeunes japonais habillés en cosplay
Selfy pour garder un souvenir de ces tenues un peu folles
Selfy pour garder un souvenir de ces tenues un peu folles

Il me paraissait donc important de briser certaines croyances, certains tabous sur la culture japonaise. Le japonais est tout aussi individualiste que le français, au sens propre du terme. Peut-être qu’ils sont arrivés à un certain équilibre sociétal qui pourrait servir de modèle à bien des nations. N'hésite pas à me dire ce que tu en penses dans les commentaires !


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